Le pilote du RATHO

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Le pilote du RATHO / Crédit photo: Matthieu Gaumé

Installé dans une station horticole expérimentale spécialisée dans la culture hors-sol, ce pilote a été finalisé fin janvier 2015. Il est composé d’un compartiment aquacole en recirculation, couplé avec un compartiment de culture végétale hors-sol pré-existant, lui-même également en recirculation afin de réduire au maximum les pertes en eau. Les deux compartiments sont découplables et peuvent fonctionner de manière indépendante.

 

Le compartiment aquacole est composé: d’un filtre mécanique rotatif Hydrotech gérant un débit circulant de 45 m³ / h ; d’un système de filtration biologique sur lit agité pour assurer la nitrification de l’ammoniac en nitrates ; d’une soufflante permettant une aération suffisante pour les besoins des poissons ; de bassins d’élevage subcarrés avec un volume utile total de 15 m³; d’un système de récupération et de stockage des composés solides pour valorisation ultérieure des boues d’élevage.

Schéma explicatif Pilote RATHO Crédit: Pierre Foucard
Schéma explicatif Pilote RATHO
Crédit: Pierre Foucard

Le compartiment végétal est composé: de tablettes de culture horticoles hors-sol, avec une surface exploitable de 130 m² avec un système hydraulique permettant diverses configurations et scénarios pour la distribution de l’eau ; par ailleurs, des capteurs peuvent mesurer régulièrement et automatiquement certains paramètres physico chimiques (O², pH, T°, conductivité).

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Les modules ZipGrow®

Différentes techniques seront testées :technique des « rafts » qui consistent à faire pousser les plantes dans des plaques flottantes (en liège ou en polystyrène par exemple); technique de culture sur pains de coco avec un système d’irrigation en goutte à goutte ; technique de culture « en tours verticales » ZipGrow®.

Le débit circulant permet trois renouvellements de l’eau par heure dans les bassins, et le taux de fermeture du système piscicole recirculé peut se décrire de différentes manières : 0,05 à 0,2 m³ d’eau neuve / kg d’aliment ; contre 100 m³ / kg en milieu ouvert et 5 m³ / kg en circuit recirculé ; en fonction de la saison, ce pilote renouvelle quotidiennement 3 % (hiver) à 10 % (été) du volume d’eau global du compartiment aquacole (bassins + biofiltre + fosse de reprise). On part en effet du principe que les besoins en eau seront supérieurs en été pour les plantes + évaporation + évapotranspiration par les plantes. Il est possible de gérer l’accumulation de nitrates si besoin via un système de dénitrification.

Le circuit fonctionnera au départ en mode « découplé » : l’eau des plantes ne reviendra pas dans le système aquacole ; le but est évidemment à terme d’utiliser la possibilité de coupler les deux compartiments pour pouvoir se passer d’eau neuve en recirculant l’eau épurée par les plantes.
Tout l’intérêt de ce pilote innovant réside donc dans la « modularité » et sa souplesse de fonctionnement qu’il permet, dans le but d’assurer en permanence de bonnes conditions d’élevage et de culture, de prévenir et corriger plus facilement d’éventuels dysfonctionnements (déséquilibres physico-chimiques de l’eau, carences ou excès de nutriments pour les plantes, eau trop faiblement épurée et impropre à l’élevage de poisson) et d’assurer un suivi fin des flux se produisant au sein des compartiments « végétal » et « poisson ». Les expérimentations ont véritablement débuté courant mars 2015.

Le lien suivant présente le système de RATHO (journal de 20H, France 2  http://www.francetvinfo.fr/sciences/video-l-aquaponie-se-developpe-en-france_814405.html

Une autre vidéo qui présente le pilote (média Actu-Environnement)                   http://www.youtube.com/watch?v=h2WOCBxplz0

Enfin, une  vidéo de l’ACTA (Association de Coordination Technique Agricole) présente plus largement le RATHO, son esprit d’innovation, et l’esprit visionnaire du responsable de la station expérimentale, Serge Lepage, Lauréat du concours ITA’Innov 2015 catégorie « Hommes d’action »          http://www.youtube.com/watch?v=qj7I4jYoKXw&feature=youtu.be

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Le pilote du RATHO / Crédit photo: Pierre Foucard

 

Carpe et salade RATHO
Salades et carpes du RATHO!       Crédit : Matthieu Gaumé ITAVI

12 réflexions au sujet de « Le pilote du RATHO »

    Christophe Rolland a dit:
    26 mai 2015 à 18 h 19 min

    Super d’avoir ces infos, merci.

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    THIEL a dit:
    9 décembre 2015 à 12 h 51 min

    Cela revient à combien une salade avec votre système? Il y a plus simple… et rentable…

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      APIVA a répondu:
      9 décembre 2015 à 21 h 10 min

      Bonjour.

      Il est évident qu’une salade n’aura pas un prix de vente intéressant sur un système de ce type à cette échelle de production qui reste « pilote » et « expérimentale ». L’intérêt de l’outil est en premier lieu (et avant tout) de comprendre, décrire, et modéliser les mécanismes en jeux dans l’aquaponie afin d’aboutir à des éléments de dimensionnement et mesurer les capacités d’abattement en N,P,C, et également d’avoir des données sur les investissements nécessaires, les coûts de production, afin d’étudier l’échelle de rentabilité de tels systèmes.En effet, il n’existe que peu de données sur l’équilibre poissons/plantes par exemple… et d’autres ratios et données de conception doivent être optimisés. Par contre, un système aquaponique peut potentiellement être rentable, cela existe déjà dans le monde et sera étudié dans le cadre d’APIVA. Pourquoi ce pilote? Car il a été choisi de travailler dans une serre pré-existante, avec un équipement horticole pré-existant. Il a également été choisi d’avoir une modalité « découplage » des compartiments aquacole et végétal afin de pouvoir les rendre « indépendants » en cas de besoin d’intervenir sur l’un ou l’autre des compartiments mais également pour mieux décrire ce qui se passe dans le système et avoir des points de mesure bien déterminés pour des analyses, notamment pour mesurer l’abattement en N, P, C dans le système et faire des bilans de masse.
      –>Pour résumer, c’est un pilote, un modèle sur lequel on part à la fois avec des contraintes inhérentes à la nécessité d’acquérir de la donnée sur le système, et à la fois avec une réflexion sur l’adaptation d’un système de ce type à grande échelle. Le but étant d’aboutir à un système commercial, avec des contraintes de rentabilité au m². Pour avoir de la rentabilité, cela implique d’aller vers un certain niveau d’intensification côté poissons comme du côté plantes (le terme « intensif » pour l’aquaculture n’a pour autant rien à voir avec les fermes norvégiennes qui font scandale à la télévision… des densités de 40-50 kg/m3 sont suffisantes) et par là même d’avoir du matériel fiable, et un système de filtration robuste et efficace. Les boues d’élevage, les matières en suspension dans l’eau sont des problématiques majeures qui peuvent entraîner l’échec d’un système aquaponique si l’on n’y prend pas garde. Ce pilote a été réfléchi pour être fiable, et efficace… car en aquaponie, les problèmes potentiels sont à la fois ceux de l’aquaculture ET ceux de l’horticulture. Et la loi de Murphy est souvent une réalité.. donc il est essentiel de tout optimiser dès le départ pour éviter les catastrophes.

      (i) Si votre question portait sur la comparaison avec un système hors sol traditionnel (hydroponie) ou un système de culture conventionnelle en terre, alors oui votre question est pertinente. L’aquaponie est compliquée certes, mais le fait est que ce genre de systèmes « en circuits fermés » ont des avantages environnementaux tels qu’il en devient intéressant de mesurer leur viabilité économique (consommation d’eau très faible, double valorisation de l’aliment poisson, abandon des engrais, abandon des pesticides, abandon des antibiotiques, utilisation de terres non arables et facilitation des circuits courts, valorisation des effluents issus de pisciculture…). La salade est une espèce « modèle », et il faudra très probablement partir sur des espèces à plus haute valeur ajoutée (le choix ne manque pas) pour atteindre un niveau de rentabilité. Toujours est-il que les salades produites dans ce genre de système grandissent plus vite qu’en conventionnel, et rien ne dit à ce jour que la rentabilité d’une activité n’est pas envisageable.

      (ii) Si votre question portait sur des systèmes « aquaponiques » plus simples et rentables… alors n’hésitez pas à partager vos idées et nous pourrons en discuter!

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    Rémi Dugué a dit:
    10 décembre 2015 à 11 h 50 min

    Bonjour,
    quelle espèce de poissons élevez vous dans votre système?

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      APIVA a répondu:
      10 décembre 2015 à 12 h 00 min

      Bonjour,
      Au RATHO nous élevons pour le moment des carpes, espèce facile à élever et robuste, car ce système aquaponique a été installé chez des professionnels de l’horticulture, sans aucun expérience aquacole.
      Mais étant donné qu’ils s’en sortent brillamment avec notre soutien à distance et nos interventions régulières sur place, nous envisageons d’élever d’autres espèces (silures, perches, carpe Koï…), nous devons nous cantonner sur ce pilote à des espèces adaptées à des eaux pouvant varier entre 15 et 25 degré selon la saison. Nous avions pensé également au mulet, mais difficile de trouver des juvéniles/alevins.
      A la Canourgue, dans un système similaire mais avec bassins piscicoles en extérieur, nous élevons des truites. A la PEIMA des truites également.

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    Florent a dit:
    9 février 2016 à 20 h 09 min

    Bonsoir,

    Pouvez-vous me dire sur quel ratio kg nourriture / surface cultivable en m2 ou en plants vous êtes vous basé pour lancer ce modèle? Pouvez vous aussi communiquer sur le poids des carpes dont vous disposez ? (afin d’avoir une idée du % de nourriture que vous leur donnez par rapport à leur stade de developpement.

    Enfin, avec qui devrais-je prendre contact pour vous poser de plus amples questions au sujet de l’aquaponie? vous rendre visite? J’expérimene moi même l’aquaponie et suis acutellement en formation bprea et j’envisage un projet commercial dans ce domaine..

    Cordialement,

    Florent

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      APIVA a répondu:
      24 février 2016 à 14 h 51 min

      Bonjour Florent,
      Ce modèle est basé sur un ratio bien connu dans la bibliographie: 60 à 100 g/m²/jour d’aliment. L’un des objectifs (parmi les nombreux objectifs d’APIVA) étant d’affiner ce ratio dans les conditions de notre expérimentation, et de l’optimiser en fonction de différents paramètres zootechniques et physico chimiques.

      Les carpes font actuellement de 600 à 1000g; elles sont rentrées il y a un an à 60g. Le taux de rationnement dépend de la température de l’eau et du stade de développement des poissons, il varie entre 1 et 2,5% globalement dans nos conditions de température.

      Concernant les visites, cela devient difficile pour nous actuellement d’assurer les visites à toutes les personnes nous sollicitant (le personnel sur place n’a pas le temps), elles vont donc devenir payantes et groupées.

      Bien cordialement.

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    APIVA a répondu:
    27 avril 2016 à 16 h 12 min

    Bonjour,
    Pour vous informer, avez vous téléchargé la synthèse APIVA disponible dans l’onglet « documents ressources » du site?
    Pour vous former, il n’existe pas encore à ce jour des formations professionnalisantes en France, mais il y a des projets de programme de formation à la Canourgue et à Guérande. Mais avant de faire des formations, il faut déjà que l’aquaponie soit maîtrisée au niveau technique et économique.
    Concernant des formations plus « pratiques » non diplômantes, le RATHO ne propose pas ce genre de choses actuellement, car la structure est utilisée dans un cadre R&D avec des expérimentations et des protocoles précis à suivre.
    Les visites par contre sont gratuites au RATHO jusqu’à nouvel ordre, bien qu’un format payant soit envisagé mais pas encore effectif. Nous mettrons bientôt en ligne sur ce site des journées « portes ouvertes » pour le RATHO, afin de mieux organiser ce genre de visites aux moments les plus adéquats pour le personnel sur place.
    Bien à vous.
    Pierre Foucard

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      anthony deschamps a dit:
      11 mai 2016 à 7 h 21 min

      Bonjour Mr Foucard,
      Merci beaucoup pour ces informations
      Au plaisir
      Anthony

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    christophe eloy a dit:
    4 mai 2016 à 14 h 09 min

    Bonjour Anthony, je suis également de la région Lyonnaise et j’ai pour projet de creer une ferme aquaponique, peut être pourrions nous échanger?.
    Je vous laisse mon mail au cas ou cela vous intéresserait: eloyc42@yahoo.fr

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    […] Le pilote du RATHO: C’est l’inverse du pilote de la PEIMA, une installation horticole hors-sol s’est dotée d’un compartiment aquacole avec des carpes car elles sont résistantes et ne demandent que peu de connaissances aquacoles. […]

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    Sarah a dit:
    20 février 2017 à 15 h 11 min

    Nous sommes étudiantes en classes préparatoires aux grandes écoles, section biologie et nous travaillons sur la culture du basilic en aquaponie. Nous faisons pour cela des recherches quant à la concentration en azote permettant une croissance optimale du basilic. C’est pourquoi nous sollicitons de votre bienveillance que vous nous communiquiez la concentration en azote que vous utilisez pour votre culture.

    Merci d’avance pour votre réponse

    J'aime

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